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J’accompagne les Femmes à cultiver leur Potager en Permaculture pour devenir Autonome en Alimentation-Santé

Un Potager à la Maison.be

Triste mais réel ....

voici ce que j'écrivais dans mon petit facicule "résiste et mords" en 1999: Le petit carnet d’Artur, un sanglier polonais
Je vais bien maman, j’espère que toi et toute la famille restée au pays aussi.
Tout comme les filles de l’est à qui on avait promis l’eldorado à l’ouest mais qui sont tombées dans des réseaux de prostitution pour satisfaire à bas coûts les fantasmes de quelques détraqués, moi aussi j’ai cru partir là-bas par la tentation d’un meilleur sort et la nécessité de découvrir une région.
Je suis parti, entassé avec d’autres dans des camions. J’ignorais que mon sort était lié à bien autre chose. Il s’agissait plutôt de satisfaire dans de grandes fêtes en forêt, les fantasmes de quelques tueurs assoiffés de sang.
Pour les autres sangliers qui m’accompagnaient, je ne sais pas où ils sont allés. Pour moi, les portes se sont ouverts un soir en Ardennes belge, un lieu où depuis mon arrivée, j’ai vu tant de choses étranges se passer.
On m’a d’abord nourri, c’était l’hôtel 5 étoiles puis on m’a surveillé, cela était un peu plus gênant. Ensuite les situations sont devenues bien sus-pectes.
Certains jours, j’ai entendu aboyer des meutes de chiens qui ensuite se sont mises à mes trousses. Le pire, c’est quand j’ai vu des gens que je croyais mes copains hurler de tous les côtés pour me faire avancer vers je ne sais où et tous nous séparer.
Des bruits sourds et répétés ont commencé à résonner d’un peu partout dans mes oreilles. Dans ma course folle, je suis passé à côté de tant de mes frères gémissants, tout tremblants ou qui ne bougeaient plus du tout. Cela a duré des heures qui m’ont semblé des jours. Puis nous, les survivants, nous avons eu un répi de quelques jours pour reprendre des forces.
Dans ces heures de cauchemar, grâce à ce que tu m’as appris, je me suis planqué pour observer cet horrible spectacle. Des humains que je croyais mes amis, festoyaient devant mes frères étendus au sol sans plus bouger. D’autres les éventraient à même le sol et les chargeaient sur des remorques. Puis ils sont tous entrés dans un petit chalet d’où on entendait les rires, le bruit des couverts mais surtout celui des verres et des bouteilles.
Je t’écris ces mots qui seront peut-être les derniers car ici, les choses ont bien changé depuis quelques semaines.

Au revoir maman chérie, je t’aime et peut-être en échapperai-je…

(Jean-Pol Mostade)

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